» L’enterrement de Kojo »| Parlons de nos problèmes à l’écran 

Le rappeur ghanéen Blitz Bazawule a écrit et réalisé son premier film de 1h20 minutes qui nous immerge dans les souvenirs d’Esi, une petite-fille de 7 ans. Dans cette quête magique où elle essaiera de sauver son père, Kojo, nous découvrirons un Ghana emporté par l’exploitation illégale des mines, le capitalisme chinois et le chômage.

Dans ce film alliant rêve et réalité, mythes, religions, et télénovelas y sont aussi mêlées.

Comme recette pour ce bon film : il faudrait prendre une poignet de personnages issus d’une famille moderne ( un père,  une mère, un enfant) , l’opposer à un personnage de la famille africaine (oncle), le tout imbibeé dans une soupe d’histoire réelle mélangée à  une poignet de voix off conductrice d’utopie.

Sans trop de dialogues, avec une musique saisissante et non-invasive ainsi que le rapprochement dans les plans, nous avons l’impression d’être témoins d’une réalité.

Le rappeur « Blitz the ambassador » a d’ailleurs minutieusement préparé en amont la mise en images de son long-métrage aux côtés de son chef opérateur Michael Fernandez, préparant un storyboard très élaboré et exhaustif, recensant en deux cents pages les six cents plans de son film à venir ; et l’on ressent au visionnage cette application aigüe ; tant chaque image ressemble à un tableau, et se révèle (très) souvent visuellement époustouflante.

Voulant faire à la base un film sur la situation des personnes qu’on enterre vivant dans des puits de gisements d’or dans son pays, il a su toucher la situation psychologique d’un être humain à la perte d’un parent proche. Cet exemple va dans le sens de la conviction de David Lynch selon laquelle un cinéaste devrait se contenter de faire un film sur les problèmes de son époque.

Lauréat du Grand Prix lors du Festival du film d’Urban World à New York en 2018 et aussi lors du Festival Panafricain du Film à Louxor en 2019 ( Grand prix du Nil )

L’enterrement de Kojo est diffusé par Canal +.


 
Kosi SESSI

Correction:
Samuel Akpéné Wilsi

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